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Cinécure est un site appartenant à Charles Declercq et est consacré à ses critiques cinéma, interviews sur la radio RCF Bruxelles (celle-ci n’est aucunement responsable du site ou de ses contenus et aucun lien contractuel ne les relie). Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques et en devient le principal rédacteur depuis 2022.

Michael Sarnoski
Sans un Bruit : Jour 1 (A Quiet Place : Day One)
Sortie du film le 26 juin 2024
Article mis en ligne le 27 juin 2024

par Julien Brnl

Genre : Fantastique, thriller

Durée : 99’

Acteurs : Lupita Nyong’o, Djimon Hounsou, Alex Wolff, Joseph Quinn...

Synopsis :
Découvrez comment notre monde est devenu silencieux.

La critique de Julien

La saga "Sans un Bruit" de John Krasinski fait indéniablement partie des plus belles surprises du cinéma de genre de ses dernières années, avec ses deux volets sortis respectivement en 2018 et 2021. Or, bien qu’il mettra en scène un troisième opus qui devrait sortir l’année prochaine, John Krasinski a laissé sa place ici au cinéaste Michael Sarnoski (remplaçant au pied levé Jeff Nichols pour différends artistiques), à qui l’on doit "Pig" (2021). En effet, Krasinski a préféré se lancer entre-temps dans la réalisation de "Blue et Compagnie (IF)", sorti il y a maintenant quelques semaines, soit une aventure fantastique nettement plus familiale, et qu’on vous recommande chaleureusement de découvrir en salles, tant qui l’en est encore temps. Et comme son nom l’indique, "Sans un Bruit : Jour 1" n’est donc pas une suite directe du dernier épisode de la présumée trilogie, mais bien une préquelle, laquelle revient ainsi sur le premier jour où des créatures extraterrestres très sensibles aux sons ont débarqué sur Terre, la réduisant ainsi au silence. Bien qu’on y retrouve l’acteur Djimon Hounsou après l’avoir croisé dans le précédent opus, le film se concentre sur le personnage de Lupita Nyong’o, interprétant une jeune femme atteinte d’un cancer, se retrouvant en plein cœur de New York le jour de l’invasion, après avoir assisté à un spectacle de marionnettes. Cette dernière sera alors rapidement suivie par Éric, un étudiant en droit quelque peu terrorisé, joué par Joseph Quinn (vu dans la série "Stranger Things" de Netflix). Tandis qu’il espère ne pas mourir en ces lieux, Sam, elle, n’a qu’une seule idée en tête, soit celle de se rendre à Harlem, chez Patsy’s Pizzeria, avec son chat ! Mais ils devront tous les deux se déplacer en silence s’ils espèrent ne pas mourir en une fraction de seconde...

D’emblée, et malgré son titre, "Sans un Bruit : Jour 1" ne se concentre pas seulement sur le premier jour où tout a basculé, mais aussi sur ceux ayant suivi l’arrivée desdites créatures, dotées d’une ouïe hypersensible. Dès lors, l’horreur et l’immersion des premiers instants sont ici vite dépassées, laissant place à des mains sur des bouches et des yeux bien mouillés face à la terreur. Ainsi, que l’intrigue se déroule à proximité du jour 1 ou bien plus tard n’aurait finalement pas changé grand-chose... Finalement, le meilleur flash-back narratif à la fois violent et spectaculaire de cette histoire reste l’ouverture de "Sans un Bruit 2", où l’on y suivait déjà la famille Abbott, assister au match de baseball de leur fils Marcus, alors qu’un objet non identifié enflammé pénétrait l’atmosphère, avant que ses occupants assaillissent la ville de Millbrook. Et tandis qu’il était question de la survie d’une même famille portée par Emily Blunt dans les précédents films, place ici à l’entraide, et cela entre ses deux personnages principaux, lesquels vont ainsi tenter de (re)vivre malgré le chaos, et la peur. La caméra de Michael Sarnoski ne les quitte d’ailleurs pas d’une semelle, se faufilant entre les débris et bâtiments abandonnés, et cela malgré le danger, et la foule, toujours présente, et d’ailleurs pas très disciplinée au silence. "Jour 1" nous offre ainsi un autre regard - certes limité - sur l’origine des événements, tout en étant aussi poignant que celui porté à l’égard de la famille Abbott. Il y construit alors une amitié naissante entre deux êtres avançant ensemble vers des chemins pourtant opposés, bien que l’on sache d’emblée comment va finir leur marathon. Et ça, c’est bien dommage. Aussi, le film met en scène la panique totale, ou encore le protocole de confinement de la Big Apple, avec la destruction de ses ponts, puis l’appel à l’évacuation par les quais, les forces de l’ordre invitant en effet la population à prendre le large, les extraterrestres semblants ne pas savoir nager. Oui, l’ennemi a toujours un point faible ! Cependant, il ressort de l’ensemble un sentiment de déjà vu, relatif à d’autres films catastrophe ou d’invasion extraterrestre. On vous laissera facilement imaginer lesquels !

Efficace et relativement impressionnant dans la destruction qu’il présente de New York (reconstitué cela dit à Londres, dans les studios Warner Bros.), malgré des flous et les poussières, "Sans un Bruit : Jour 1" se suit donc sans déplaisir, tandis qu’on en a pour notre argent en ce qui concerne l’apparition des bêtes en question. Si on sursaute aussi, on y retient cependant moins notre souffle que ses personnages, lesquels doivent d’ailleurs y tenir leur respiration sous l’eau. "Jour 1" s’avère d’ailleurs moins anxiogène et sous-tension sur la longueur que l’étaient ses aînés, sans connaître, de plus, une véritable scène de climax, mais plusieurs séquences et plans très sympathiques, notamment ceux où les extraterrestres grimpent les gratte-ciel new-yorkais. Le scénario de cet épisode, usant d’ellipses, n’a dès lors pas l’audace, ni l’imprévisibilité et l’intelligence de ses prédécesseurs. Mais il en demeure un divertissement à la fois intimiste et pré-apocalyptique agréable à regarder, lequel nous fait d’autant plus languir de "Sans un Bruit 3"...



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