Genre : Animation, familial
Durée : 95’
Acteurs : Sofia Essaïdi, Dorothée, Patricia Kaas, Jérôme Commandeur, François Damiens, Philippe Katerine...
Synopsis :
Lorsque le Grand Schtroumpf est mystérieusement kidnappé par les vilains sorciers : Razamel et Gargamel, la Schtroumpfette et son meilleur ami Le Schtroumpf Sans-Nom partent en mission pour le retrouver ! Commence alors une aventure délirante où nos héros bleus vont croiser la route de nouveaux amis hauts en couleur comme Mama Poot et ses petits. Les Schtroumpfs doivent prendre en main leur destin pour sauver celui du monde entier.
La critique de Julien
Après deux premiers films (2011, 2013) réalisés par Raja Gosnell et mêlant animation 3D et prises de vue réelles, puis un troisième entièrement animé – "Le Village Perdu" (2017) – signé Kelly Asbury, les petites créatures bleues de Peyo reviennent une nouvelle fois au cinéma… comme si cela ne suffisait déjà pas ! Après Columbia Pictures et Sony Pictures Animation, c’est désormais en collaboration avec Paramount Animation et Nickelodeon Movies que la Peyo Company lance une nouvelle série de films d’animation. Voici donc le premier opus, réalisé par Chris Miller, à qui l’on doit "Shrek le troisième" (2007) et "Le Chat Potté" (2011). Vendu comme une comédie musicale, mais n’incluant que deux séquences chantées, "Les Schtroumpfs : le Film" met en scène Schtroumpf Sans Nom, en quête d’identité, qui, aidé par la Schtroumpfette, va devoir se lancer dans une aventure interdimensionnelle pour contrecarrer les plans du sorcier Razamel, frère maléfique de Gargamel, bien décidé à détruire toute la bonté de l’univers... Mais c’est mal connaître la force des Schtroumpfs !
Qu’est-ce qui se (cara)passe avec les Schtroumpfs ?
Destiné aux plus petits, cette vaine tentative de relancer au cinéma les aventures des Schtroumpfs tourne rapidement en rond, même en leur faisant quitter leur célèbre village. Ainsi, malgré la volonté du réalisateur Chris Miller d’être fidèle à la conception artistique des Schtroumpfs, visant un style visuel cohérent avec les bandes dessinées originales de Peyo, ou quand bien même la chanteuse barbadienne Rihanna prête sa voix originale à la Schtroumpfette, ce "reboot" ne réussit pas à schtroumpfer la magie bleue qui fait le charme de la bande dessinée. Sans second degré, cette énième épopée laisse ainsi un goût de trop peu avec ses messages trop transparents ("ne laisse personne dire que tu n’es personne", "il y a plus de magie en toi que tu le crois", "ne pas confondre gentillesse et faiblesse"...). Car en l’occurrence, l’être marginalisé Schtroumpf Sans Nom deviendra un sauveur interdimensionnel face au symbole du mal absolu de Razamel (doublé par le génial François Damiens). Cependant, il n’y arrivera pas sans l’aide de ses amis, que ce soit le Grand Schtroumpf, Schtroumpfette, des créatures alliées Snooterpoots, et d’autres compagnons inattendus… le temps d’une trêve. Mais alors qu’il tente de mettre un peu de piment au sein de l’univers très familier des Schtroumpfs, ce film d’animation tergiverse plus qu’autre chose. De plus, son action s’inspire trop explicitement de ce qui a été vu chez Marvel Studios, dans les films "Vice-Versa" (Pete Docter, 2015) et sa suite (Kelsey Mann, 2024), ou encore "Inception" (Christopher Nolan, 2010), tandis que l’idée du passage du Village des Schtroumpfs à notre monde a déjà été exploitée précédemment. Leur univers si unique ne suffit-il donc pas, à lui seul, pour accueillir de nouvelles aventures extraordinaires ? D’autant plus quand les décors terrestres sont ici recréés en horribles images de synthèse ?
Qui es-tu, "Schtroumpfs : le Film" ?
Aussi troublant soit-il, le film de Chris Miller ressemblerait bien à un épisode cinématographique des "Trolls", les chevelures en pagaille et les sentiments dégoulinants en moins. En effet, le réalisateur et les producteurs s’inquiètent ici un minimum de l’héritage de Peyo, en témoigne leur amour pour ses personnages, tandis que le doublage francophone fait le job. Mais "Les Schtroumpfs : le Film" n’a pas la frite (Schtroumpfette les a toutes mangées !) et manque autant de personnalité que Schtroumpf Sans Nom au début de ce périple bruyant et rocambolesque. Peu inspiré, on aurait espéré que ce champignon géant d’animation à 58 millions de dollars de budget de production déploie un minimum de mycélium créatif, au regard du potentiel universel de l’œuvre de Peyo. Mais au lieu de cela, rien ne pousse vraiment ici, ou du moins jamais sans effet secondaire. C’est triste, mais un film sur les Schtroumpfs sans magie bleue n’en est pas un, lui qui se termine comme il s’ouvre, c’est-à-dire en musique. Dommage qu’il ne parvienne jamais à nous faire entrer dans la danse.
